Château
Hautefort

Château de Hautefort

Le Grand Siècle posé sur un éperon du Périgord Noir.

Distance
25
km
Trajet
30 min

Tu sors d'Excideuil, tu files plein sud-est pendant vingt-cinq minutes, et tu l'aperçois soudain — posé sur son éperon, dominant tout le village : Hautefort. Un château classique, massif, lumineux, qui n'a rien à voir avec les forteresses sombres qu'on rencontre d'habitude dans le coin.

C'est qu'Hautefort, c'est autre chose. C'est le Grand Siècle posé sur le Périgord Noir. Une ancienne forteresse médiévale — dont Bertran de Born, le troubadour-guerrier assiégé par Richard Cœur de Lion, fut seigneur — transformée au XVIIᵉ siècle en résidence d'agrément par un marquis ambitieux qui voulait son petit Versailles dans le terroir.

Aujourd'hui, c'est 30 hectares de domaine : cour d'honneur à l'italienne, appartements meublés à l'ancienne, jardins à la française dessinés par le Comte de Choulot, parc à l'anglaise pour respirer, cèdres centenaires, cinéma en plein air l'été, nocturnes théâtralisées. Prévois deux bonnes heures. On y vient avec les enfants, en couple, en famille élargie — Hautefort sait accueillir tout le monde, et c'est à 30 minutes de chez nous.

Ce qu'on y fait

La montée est une mise en bouche. Tu grimpes depuis le village, les toits de lauze en contrebas, et la façade classique se déploie d'un coup quand tu arrives sur l'esplanade. Large cour d'honneur, symétrie parfaite, les murs blanchis par la lumière du Périgord : on comprend tout de suite qu'on a changé d'époque.

La visite se fait en deux temps. Le château d'abord, commenté par un guide passionné (ou en libre suivant les créneaux). Galerie d'honneur, chapelle, appartements du marquis, salle des tapisseries, Tour de Bretagne. Le décor XVIIᵉ-XVIIIᵉ est remeublé avec soin — chaque pièce raconte un pan du Grand Siècle. On te raconte l'incendie de 1968, la reconstruction, les racines encore vivantes de la Fondation.

Puis les jardins. Trois hectares à la française, signés Comte de Choulot en 1853 : buis taillés, parterres fleuris, perspectives calculées. Tu tournes autour du château, tu croises les sculptures végétales, les sphères, les cônes. À la belle saison, les massifs explosent de couleurs. Prolonge dans le parc à l'anglaise, 30 hectares ombragés, cèdres séculaires, allées qui invitent à ralentir.

Compte 2h de visite complète. Un peu plus si tu t'arrêtes au restaurant sur place, La Cour Carrée, qui propose une cuisine soignée dans le cadre. Boutique, aire de pique-nique ombragée, ateliers pour les enfants (four à pain, cinéma en plein air l'été, nocturnes théâtralisées les mercredis de juillet-août).

Les chiens sont admis dans les parcs mais pas à l'intérieur du château. Les poussettes, idem. Pour les enfants, des livrets ludiques et un parcours d'énigmes. Un tarif réduit existe pour les PMR, avec une rampe d'accès au rez-de-chaussée (l'étage reste inaccessible en fauteuil). Billets valables toute la journée : tu peux sortir pour te balader au village, revenir finir la visite.

Le billet inclut toutes les animations sans supplément — c'est plutôt rare. Prévois de venir en milieu de matinée ou en fin d'après-midi pour éviter les afflux estivaux.

Histoire & patrimoine

Au XIᵉ siècle, Hautefort n'est qu'une forteresse médiévale, une place forte de plus dans le Périgord. Les seigneurs du lieu s'y succèdent — parmi eux, le plus célèbre : Bertran de Born, troubadour-guerrier, qui en fit le théâtre de ses vers et de ses batailles. Richard Cœur de Lion vient l'assiéger en 1183. Rien de neuf : dans cette région, les Plantagenêt cognent dru.

Le tournant, c'est le XVIIᵉ siècle. Le marquis Jacques-François de Hautefort, monté très vite dans l'échelle de la cour, veut une résidence qui reflète son rang. Il fait raser la forteresse médiévale et commande à l'architecte Nicolas Rambourg une bâtisse classique inspirée de Versailles : cour d'honneur à l'italienne, galeries, pavillons, symétrie rigoureuse. Hautefort devient l'un des rares exemples aboutis d'architecture classique en Périgord.

Les siècles passent sans grand éclat, puis le château change de mains. Au XIXᵉ siècle, le baron de Damas commande au paysagiste Comte de Choulot — l'un des plus réputés de son temps — une refonte complète du parc. Choulot dessine un ensemble cohérent qui relie le château, les jardins à la française et le parc à l'anglaise. C'est cette vision qui structure encore aujourd'hui la visite.

En 1929, la baronne Henry de Bastard rachète le domaine avec son mari. Ils entreprennent une restauration patiente, méticuleuse. Les parterres sont replantés, les perspectives retravaillées. Pendant des décennies, Hautefort retrouve son lustre.

Et puis le 30 août 1968, un incendie ravage le corps principal du château. Les toitures s'effondrent, les appartements sont anéantis. La baronne, veuve, pourrait abandonner. Elle ne le fait pas. Elle lance une deuxième restauration, mobilise sa famille, le public, les collectivités. La Fondation du Château de Hautefort est créée en 1984, reconnue d'utilité publique en 1990. C'est elle qui gère aujourd'hui le domaine, assure sa transmission et ouvre ses portes au plus grand nombre.

Le château est classé Monument Historique. Les jardins aussi, séparément. Le site est habité — les appartements de la baronne de Bastard (fille de la restauratrice) se visitent dans certaines formules immersives. C'est l'une des rares maisons du Périgord à combiner vivacité familiale et ouverture patrimoniale à cette échelle. Premier écolabel français décerné à un site culturel, potager expérimental, ateliers sur la biodiversité : Hautefort regarde vers demain autant que vers hier.

Le regard d'Énergumène

Hautefort, c'est le genre d'endroit qu'on recommande pour une journée entière — pas une visite de passage. Tu quittes Énergumène après le petit-déjeuner, tu arrives pour l'ouverture, tu prends la visite guidée, tu déjeunes dans les jardins ou à La Cour Carrée, tu traînes dans le parc à l'anglaise l'après-midi, et tu reviens dîner chez nous le soir.

Ou alors tu fais Hautefort et tu combines avec Tourtoirac (17 km, grottes + abbaye) pour une journée patrimoine dense. Mais attention : les deux lieux sont riches, tu n'auras pas le temps de tout voir. Mieux vaut choisir.

Pour les familles, Hautefort est imbattable. Les livrets enfants, les ateliers gratuits, le four à pain, le cinéma l'été — de quoi occuper même les 7-12 ans les plus récalcitrants. Les jardins à la française plaisent au couple qui cherche du calme et de la beauté. Le parc anglais, c'est pour ceux qui veulent juste s'asseoir sous un cèdre et respirer.

Hautefort est ouvert d'avril à novembre. Hors saison, on reste sur Excideuil ou Jumilhac, qui eux sont accessibles toute l'année.

Infos pratiques

Accès : 25 km (30 min en voiture) depuis Énergumène, direction sud-est via Excideuil.

Ouverture : Du 4 avril au 3 novembre, 7j/7. Avril, mai, septembre, octobre, novembre : 10h-18h. Juin, juillet, août : 9h30-19h. Fermé en hiver.

Tarifs : Visite guidée château + jardins libres : 13,50€ adulte / 10,50€ enfant. Visite guidée jardins + château libre : autre formule. Forfait tout guidé : 18€ adulte / 13€ enfant. Tarif réduit PMR.

Durée conseillée : 2h minimum, 3h avec restaurant.

Contact : +33 5 53 50 51 23 — reservations@chateau-hautefort.com

Bon à savoir : Animations gratuites incluses dans le billet, nocturnes théâtralisées l'été (mercredis), cinéma plein air, ateliers enfants. Restaurant La Cour Carrée sur place. Chiens admis dans les parcs.

— dans les environs

Quatre lieux à combiner

Proches à vol d'oiseau, à inscrire sur la feuille de route du jour.

— pour finir la journée

Et si on se retrouvait à table ?

Après la visite, le plus simple reste de passer chez nous. Menu surprise, feu de bois, produits du Périgord.

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