Château
Excideuil

Château d'Excideuil

Une forteresse qui veille sur la Loue depuis mille ans.

Distance
10
km
Trajet
12 min

À dix minutes d'Énergumène, deux donjons carrés se dressent au-dessus de la vallée de la Loue. C'est Excideuil, et c'est le seul château du Périgord à posséder ce double donjon — une singularité de pierre qui veille sur la route qui, au XIᵉ siècle, reliait Périgueux à Limoges.

Tu pousses le porche, tu grimpes sur les remparts, et tu comprends tout de suite pourquoi les vicomtes de Limoges ont planté leur cour ici. La vue s'ouvre sur toute la vallée, le vent file, et les pierres gardent encore en elles huit siècles de sièges, d'amours, de trahisons. Richard Cœur de Lion a tenté deux fois de prendre cette forteresse — deux fois, il a dû repartir bredouille.

L'accès est libre, gratuit, toute l'année. La cour communale, les chemins de ronde, le panorama : tout est ouvert. C'est une visite à faire avant le déjeuner, quand la lumière est douce sur le châtelet Renaissance. Ensuite, tu descends retrouver Excideuil, ses ruelles pavées, son lavoir aux légendes, et tu pousses la porte d'Énergumène pour la suite.

Ce qu'on y fait

Tu gares la voiture sur la place du village et tu montes à pied. Quelques minutes de marche, des pavés, et te voilà devant le porche. Le premier réflexe, c'est de lever la tête : les deux donjons carrés, massifs, te dominent de toute leur hauteur. Pas de billetterie, pas de file d'attente. Tu entres.

La cour intérieure est large, dégagée. Sur ta gauche, le châtelet Renaissance, avec ses fenêtres à meneaux et ses toits refaits après l'incendie de 1973. Sur ta droite, les anciennes courtines qui rejoignent les donjons. Tu peux emprunter le chemin de ronde — c'est là que la visite prend une autre dimension. La vue bascule d'un coup : toute la vallée de la Loue s'étale en contrebas, les toits du village, les collines du Périgord Vert à l'horizon. On comprend pourquoi on a bâti ici.

De juin à octobre, les salles du châtelet accueillent les expositions de l'association Excit'Œil — peinture, photo, sculpture, en partenariat avec l'Agence Culturelle Départementale. Le rythme est doux, les pièces fraîches, la scénographie discrète. C'est un bon détour avant ou après la balade sur les remparts.

Prévois une bonne heure pour faire le tour, un peu plus si tu veux prolonger dans la vieille ville. Parce qu'Excideuil ne se résume pas au château. En redescendant, tu croises l'église Saint-Thomas, classée depuis 1926, avec son clocher curieux et quelques œuvres précieuses à l'intérieur. Le lavoir, un peu plus bas, porte la légende des lavandières de la nuit — condamnées à laver pour l'éternité. C'est le genre de détail que les enfants adorent.

Le jeudi matin, c'est jour de marché. De décembre à mars, c'est le Marché au Gras et aux Truffes qui prend place — une ambiance, des odeurs, des conversations qui valent autant que la visite du château. Pour les amateurs de randonnée, les boucles de la vallée de la Loue partent juste sous les remparts : sentiers ombragés, bords de rivière, coins de pêche tranquilles.

Un picnic est prévu sur site, si tu veux prolonger au soleil. Mais franchement, à dix minutes de la table d'Énergumène, autant redescendre à Saint-Germain-des-Prés et s'installer au comptoir.

Histoire & patrimoine

Les premières pierres d'Excideuil ont été posées vers l'an mille. On est dans un coin stratégique : la route qui monte du Périgord vers le Limousin passe là, et les vicomtes de Limoges ont besoin d'un œil, d'une forteresse, d'un lieu sûr. Ils construisent un donjon, puis un deuxième. Les deux tours carrées sont reliées par une courtine — ce sera la signature d'Excideuil, unique en Périgord.

Le château apparaît pour la première fois dans les archives vers 1100, dans un acte de donation du vicomte Adémar à l'abbaye d'Uzerche. À partir de là, l'histoire s'emballe. En 1182, puis en 1184, Richard Cœur de Lion attaque la forteresse : elle tient. En 1199, Jean sans Terre profite d'une trahison du vicomte pour mettre la main sur une partie de la vicomté. Les vicomtes ne récupéreront Excideuil qu'en 1210.

Le XIVᵉ siècle apporte les grands visiteurs. Philippe le Bel, roi de France, vient en 1303. L'année suivante, c'est le futur pape Clément V qui passe sous la herse. Puis la guerre de Cent Ans arrive : le château résiste à un assaut en 1346, tombe aux mains anglaises en 1351, est libéré en 1356, repasse anglais en 1360, et Du Guesclin le reprend définitivement en 1370.

Vient ensuite la Renaissance, et avec elle le châtelet qui vient adoucir la forteresse. On y ajoute des fenêtres à meneaux, une élégance. Jeanne d'Albret, la mère d'Henri IV, devient vicomtesse. En 1582, le futur Henri IV vend le manoir à François de Perusse des Cars. En 1613, par mariage, le château passe aux Talleyrand-Périgord, qui le feront ériger en marquisat.

Puis c'est l'oubli. Les Talleyrand-Périgord transfèrent meubles et trésors vers leur château de Chalais, en Charente. Excideuil se dégrade lentement. En 1883, Hélie Roger de Talleyrand-Périgord donne ce qu'il en reste aux hospices de Chalais. En 1973, un incendie ravage les toitures du châtelet.

La renaissance vient à la fin du XXᵉ siècle. La famille Naudet rachète la partie privée et entreprend une restauration longue, patiente. La commune, elle, récupère le châtelet. En 2014, l'ensemble est classé Monument Historique. Aujourd'hui, Excideuil fait partie des Petites Cités de Caractère, et le troubadour Giraut de Bornelh — que Dante plaçait parmi les plus grands — continue de flotter dans les pierres.

Le regard d'Énergumène

Excideuil, c'est chez nous. Dix minutes de route, et on y est tout le temps — pour le marché du jeudi matin, pour une expo, pour montrer le donjon aux visiteurs qui débarquent. C'est notre repère, notre porte d'entrée dans le Périgord Vert.

L'idéal, c'est de combiner. Tu arrives en fin de matinée, tu montes au château, tu laisses le panorama te remettre les idées en place. Tu redescends dans les ruelles, tu prends un café quelque part. Puis tu files à Saint-Germain, tu pousses la porte d'Énergumène, tu commandes au comptoir, et on s'occupe du reste. Midi simple, carte courte, 8-16€ — c'est fait pour après une visite comme celle-là.

Ou l'inverse. Tu déjeunes chez nous, tu laisses un verre te faire parler, et ensuite tu montes à Excideuil pour la balade de l'après-midi. Les remparts sont parfaits pour digérer, le vent fait son travail, et la lumière de 15h sur les donjons, il faut l'avoir vue au moins une fois.

Pour les dîners truffes de janvier-février, beaucoup de nos hôtes passent par Excideuil avant de venir. Le Marché au Gras est à cinq minutes, et c'est le bon moment pour goûter le Périgord cru, brut, avant qu'on le cuisine.

Infos pratiques

Accès : 10 km (12 min en voiture) depuis Énergumène. Parking gratuit sur la place du village.

Horaires : Partie communale accessible librement toute l'année. Expositions dans le châtelet de juin à octobre, 10h-18h30.

Tarif : Gratuit. Partie privée (donjon, logis) non visitable.

Classement : Monument Historique depuis 2014. Petite Cité de Caractère.

Contact : Office de Tourisme d'Excideuil — +33 5 53 52 29 79

Accessibilité : Chemin de ronde avec marches et escaliers. Accès limité pour les personnes à mobilité réduite.

— dans les environs

Quatre lieux à combiner

Proches à vol d'oiseau, à inscrire sur la feuille de route du jour.

— pour finir la journée

Et si on se retrouvait à table ?

Après la visite, le plus simple reste de passer chez nous. Menu surprise, feu de bois, produits du Périgord.

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